Les secrets d'Emmaüs (2).
Les disciples d'Emmaüs racontent que Jésus, faisant route
avec eux, leur expliquait tout ce que les Ecritures disaient de lui.
Lc 24, 32. Ce passage est riche d'enseignement car il définit
la communication de Dieu dans la prière. D'abord, la scène
se situe après la résurrection de Jésus, donc
il s'agit d'une communication surnaturelle que tout chrétien
peut être gratifiée. Mais cela suppose deux points importants,
-
le premier : posséder
une connaissance élémentaire des Ecritures, en particulier des évangiles,
-
et le deuxième : avoir un
bon recueillement dans sa prière, le plus près possible
du cœur de Dieu.
Alors, secrètement, sans que l'on sache comment, ce Dieu déverse
dans notre âme des flots de science qui nous font comprendre
les mystères du royaume. Alors, un jour, quand on est appelé à instruire
ou témoigner, l'Esprit-Saint intervient et nous fait rappeler
tout ce qu'il faut dire et cela à notre grand étonnement.
Jn 14, 26. Et chose, encore plus merveilleuse, ces paroles sont source
de joie pour nous et aussi pour tous ceux et celles qui nous entendent.
Ce sont des sentiments
doux et chaleureux qui font
bondir le cœur. « Notre
cœur n'était-il pas tout brûlant quand il nous parlait
et qu'il nous expliquait les Ecritures. » Lc 24, 32.
Nous avons encore un bel
exemple de cela dans la scène de la visitation de Marie à sa
parente Elizabeth. Lc 1, 41. Un seul mot de Marie et voilà qu'Elizabeth
et son fils, encore dans son sein, sont inondés de joie. Qui,
plus est, Elizabeth se met à prophétiser ; elle
dira des choses merveilleuses sous l'inspiration de l'Esprit et qui
résonneront jusqu'à nos jours. Cette communication, véritable
cadeau du ciel, c'est l'eau dont Jésus parle quand il dit à la
samaritaine : « L'eau que je lui donnerai deviendra
une source jaillissante de vie éternelle.» Jn 4, 14. Donner Dieu à nos amis, répandre le parfum de l'Esprit-Saint
partout ou l'on passe et, à notre insu par surcroît, y
a t-il un plus bel apostolat et plus beau témoignage ? « Le lait et le miel sont sous ta langue et le parfum
de tes vêtements est comme le parfum du Liban. » Ct
4, 11. Ne serait-ce pas de cela qu'il faudrait parler en nos temps
difficiles que nous traversons ? L'ennemi est plus malin et plus
puissant que nous et ce ne sont pas des moyens humains qui vont lui
faire obstacle mais des moyens divins que sont : la prière
et la pénitence. Quand les apôtres furent impuissants à guérir
un jeune homme épileptique, Jésus
alors, leur reprochera leur manque de foi, car
cette guérison ne pouvait se réaliser que par la prière
et le jeûne. Mt 17, 21.
Dans l'histoire d'Israël, à chaque époque
difficile, alors que la foi se refroidissait et que les malheurs étaient
imminents, il y a toujours eu un prophète pour rappeler aux
fidèles qu'ils doivent revenir à la pratique de la prière
et se couvrir d'un sac et de cendres : « Venez serviteurs
de mon Dieu passez la nuit vêtus du sac. » Jl 1, 13.
On sous-estime beaucoup le temps consacré à la prière.
S'enfermer dans sa chambre, isolé du monde qui nous entoure
et demeurer sans rien faire et en silence on a l'impression d'être
inutile comme si cela était une forme de repli sur soi. On n'est
porté plutôt à admirer quelqu'un qui s'engage socialement
et encore d'avantage si les média s'en occupent. Rien de plus faux, c'est une manière de penser trop humaine
que Dieu a en horreur. Ce serait mal comprendre l'action de Marie,
notre mère, dans son rôle de co-rédemptrice. Car
sa puissance contre les forces du mal provenait essentiellement de
sa prière ; elle priait beaucoup disent les Ecritures : « Marie
gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » nous dit l'évangéliste Luc.
Lc 2, 51.
André Paradis, St-Jovite. |