Histoire de notre région >> Brébeuf
 

Paroisse Saint-Jean-de-Brébeuf

   Historique

 

Le curé Labelle veut ouvrir à la colonisation, les fiefs des compagnies forestières et de les consacrer à l'agriculture. Il veut mettre fin à l'exil de ses concitoyens qui, victimes du ralentissement économique, s'exilent vers les États-Unis.   Le curé Labelle s'inquiète également de la montée protestante et anglophone dans la région de Weir et d'Arundel.

Les premiers colons de la Chute aux bleuets arrivent sur la Rouge entre 1877 et 1880.

Ces défricheurs s'installent sur les terres de chasse des familles amérindiennes, les Commandant, les Maconce, les Chichippe, qui sont là depuis longtemps. Les colons arrivent majoritairement du diocèse de Montréal.

Au début, il y a eu aussi des squatters, les familles :Adolphe Labelle   en 1851,   François-Xavier Marier en 1860, Joseph Renaud   depuis 1864.

Les Renaud et les Marier arrivent à leur tour avec leurs enfants, Ils s'installent de chaque côté de la rivière. D'autres familles, parties de Saint-Jérôme et de Saint-Sauveur-des-Monts viennent se joindre aux premiers occupants du futur rang des Collines. Il s'agit des familles Joseph Pilon,   Pierre Ouimet et Alfred Paquette. En haut de la montée, qui longeait la terre de Joseph Renaud et conduisait au coteau où habitait déjà la famille Maconce, Augustin Bélair   s'installe ainsi que Joachim Guénette.

Plus au sud, Paul Alarie, son épouse et leurs onze enfants, ouvrent le rang des Érables où la famille Chichippe les avait précédés.

Après l'érection des cantons de Clyde en 1880 et d'Amherst en 1883, la confection des cadastres et l'arpentage des terres, la plupart de ces familles ont obtenu leurs billets de concession et la désignation officielle de leurs lots.

Au sud de la terre de Paul Alarie, au-delà de la montagne, un jeune couple venu de Montfort, Arcade Maillé et Marie Louise Tassé, s'établit sur un terrain en pente, situé en partie dans le canton d'Arundel et en partie dans celui d'Amherst et coupé aujourd'hui par le chemin du Lac à la Loutre.   Toujours sur la rive ouest de la rivière, dans le futur chemin de la Rouge, deux familles prirent possession de leurs lots. Honoré Doré et Olivine Labelle s'installèrent sur une terre à flanc de coteau et traversée par deux ruisseaux. Plus au sud, Louis Piché et sa famille sont venus de Sainte-Thérèse, bâtir leur maison et défricher une vaste plaine située en majeure partie dans le canton d'Arundel.

Quatre familles se portent acquéreurs des terres que traversent maintenant la 323 et le rang des Vents : Philippe Marinier, Joseph Marier,   Ménasippe Cloutier et Gédéon Sanche.

Le domaine Bellingham comportait quatre lots s'étendant sur les deux rives en amont de la chute aux Bleuets. Maxime Meilleur décida vers 1890 de les acheter et de construire un moulin mû par la force hydraulique. Il s'élevait en haut de la colline, sur la rive est, où un chenal naturel augmente la force du courant ; un canal en bois muni de vannes à l'entrée et à la sortie, actionnait une roue à aubes dont la rotation transmettait l'énergie mécanique nécessaire au fonctionnement de la scierie. Mais le propriétaire avait négligé la violence des crues printanières de la Rouge et à la première occasion les débris de son ouvrage partirent au fil de l'eau.

Vers l'est, en direction de Saint-Jovite, Isidore Prud'Homme prend possession des trois lots de l'ancienne ferme Hamilton. Deux couples ont suivi : Médéric Therrien, ainsi qu'Édouard Houle.   Ils se sont installés le long de la route 323, sur les terres concédées autrefois à Alexander Campbell.

Vers l'ouest, en direction de Saint-Rémi, Joseph Therrien et sa famille occupèrent la terre bornée par la route 323 et traversée par le cours d'eau qui serpente au pied du ravin. De l'autre côté de la route, Olympe Papineau,   veuve de Félix Paquette, céda la moitié de la terre à Marcel Forget et Rosalie Strasbourg.

En 1901, quarante-deux familles vivaient sur le territoire de la future paroisse de Brébeuf et regroupaient 270   personnes.    Leurs terres fournissaient l'essentiel pour se nourrir, se vêtir et se chauffer. Pour le reste, les habitants devaient se rendre à Saint-Jovite, à Saint-Rémi ou à la Conception afin de combler leurs besoins. Les services étaient inexistants : aucune église, aucun magasin général, aucune forge, aucun bureau de poste....

La route n'était pas toujours praticable, lorsqu'on voulait entendre la messe dominicale, baptiser un nouveau-né ou inhumer un mort. La majorité des enfants n'avaient pas accès à l'instruction scolaire à cause de l'éloignement des deux écoles qui relevaient, l'une de la Conception et l'autre de Saint-Jovite.

Un projet de village, avec son église et son presbytère, son école, ses commerces et ses services, commença à germer dans les esprits.

Vers 1895, Sixte Coupal avait acheté de Maxime Meilleur ses terres riveraines en amont de la chute aux Bleuets et le vieux moulin désaffecté. Il les revendit à son beau-frère   un peu plus tard. Adolphe Coupal construisit un nouveau moulin, cette fois sur la rive ouest, et fit creuser dans le roc un canal d'amenée qui augmentait considérablement le débit et la puissance hydraulique; une turbine horizontale fournissait la force d'entraînement d'un système complexe de courroies et d'engrenages qui actionnait une grande scie circulaire à débiter les troncs d'arbres et des appareils de corroyage et de profilage de madriers et de planches. Une soufflerie projetait à l'extérieur le bran de scie dont l'accumulation formait un tas impressionnant. On s'en servait pour isoler le toit et les murs des maisons. On s'en servait aussi pour recouvrir la glace que l'on coupait sur les rivières gelées et que l'on déposait dans une glacière pour l'utiliser à l'été.

Adolphe Coupal caressait un autre projet : celui de développer un village avec ses infrastructures. Il s'assure de l'accord des curés des paroisses voisines   et envoie une lettre à Monseigneur Duhamel, évêque du diocèse d'Ottawa.

Monseigneur Duhamel accepte de financer le projet, alors le 12 juin 1904, c'est la rencontre avec le notaire Barette de Saint-Jovite qui reçoit 35 hommes s'engageant à verser mille dollars par année plus les intérêts au diocèse d'Ottawa pour rembourser la dette.

Une nouvelle paroisse, formée d'une partie des cantons de Salaberry, d'Amherst et de Clyde prend forme et porte le nom de La Présentation de la Chute aux Bleuets. Ce nom est par la suite changé pour La Présentation de Brébeuf et enfin, en 1956, pour Saint-Jean-de-Brébeuf.

Zéphérin VanChesteing obtient le contrat de la construction de l'église et en 1905, les fidèles se rassemblent dans l'église pour entendre la messe célébrée par l'abbé Omer Ferron, curé de Saint-Rémi. C'est en 1905, qu'à lieu l'ouverture des registres. Le village commence à prendre forme avec des commerces et une école. En 1906, la paroisse se dote d'un bureau de poste. Cette même année, le vicaire-général d'Ottawa, Monseigneur Routhier, y bénit une cloche de huit cents livres.

En 1907, la construction d'un nouveau pont, couvert celui-là, fut autorisé par le ministère de la colonisation. Après six ans de fondation, la paroisse est dotée d'une église et d'un presbytère.

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   Curés qui l'ont animée

 

Desservant :

Omer Ferron (1905)

curé de Saint-Rémi d'Amherst

Résidants :

Omer Lavergne, (1905-1908)

Il y a eu la construction de l'église, la bénédiction de la cloche et l'organisation de la commission scolaire.

En 1907, on construit l'école.

Donat Guay (1908-1915)

En 1910, il y a la loi qui crée la municipalité de Brébeuf. Le 17 octobre 1910, c'est la bénédiction du presbytère.

En 1912, on assiste à la fondation de la Caisse Populaire Desjardins.

En 1913, c'est la création du diocèse de Mont-Laurier, alors la paroisse passe au diocèse de Mont-Laurier.

Rodrigue Labelle (1915-1945)

Le 19 décembre 1920, On retrouve l'élection des trois premiers marguilliers.

En 1924, la salle paroissiale est construite.

En 1927, on remplace la grosse cloche par une plus petite. Cette dernière est baptisée « Marie-Eugène Rodrigue », le 29 juillet 1928. On construit également un portique sur la façade de l'église et du clocher actuel.

Eugène Demers (1945-1957)

En 1948, on accueille dans la paroisse, les religieuses Oblates Franciscaines de Saint-Joseph qui dispenseront l'enseignement dans une nouvelle école, dans le rang des collines, jusqu'en 1963.

En 1948, fondation d'une Caisse Populaire car celle de 1912, avait été dissoute.

En 1955, on célèbre le cinquantième anniversaire de la paroisse.

Adélard Pelletier (1957-1971)

De 1959 à 1961, il y eu plusieurs travaux de rénovation à l'église : recouvrement extérieur en aluminium, façade en pierres, réfection du trottoir, chauffage au mazout, recouvrement du plancher en tuiles, réaménagement du choeur, nouveau chemin de croix.

En 1963, on assiste au départ des religieuses.

En 1966, on reçoit   le certificat d'érection canonique de la paroisse et la précision des limites territoriales ainsi que le changement de nom de «  La Présentation » pour « Saint-Jean-de-Brébeuf ».

En 1970, vente de la salle paroissiale à la municipalité de Brébeuf.

René Brault (1971-1979)

En 1973, on forme le conseil de pastorale paroissiale. En 1974, la fabrique vend à la municipalité un lot pour fins de loisirs communautaires, aujourd'hui le Parc-en-Ciel.

En 1977, la fabrique achète un terrain pour l'agrandissement du cimetière.

Mgr Fernand Parent (1979-1985)

 

En décembre 1981, visite paroissiale de Monseigneur Jean Gratton, nouvel évêque du diocèse de Mont-Laurier.

Marc-André Buissières, s.j. (1985-1987)

En 1985, la fabrique met en vente à l'encan une partie du mobilier du presbytère. La bâtisse sera divisée en deux, soit le presbytère à l'avant et un logement à l'arrière qui sera loué à une famille.

En 1986, après entente avec la Fabrique, la municipalité aménage le parc Brégeois sur la partie ouest du terrain du presbytère.

Jérôme Ouellet ( 1987-1992)

 

De 1985 à 1989, divers pourparlers ont lieu pour l'acquisition du presbytère, en vue d'en faire un centre d'hébergement.

En août 1989, un incendie détruit la salle municipale. Les réunions du conseil municipal et des autres organismes ont lieu dans l'église ou dans la sacristie.

En 1990, c'est au tour du presbytère de prendre en feu. Le curé Jérôme Ouellet est sain et sauf. Il est relogé au 244, route 323. Heureusement, les archives sont sauvées.

En septembre de la même année, la fabrique vend le terrain du presbytère à la Caisse Populaire Desjardins. Le presbytère partiellement incendié est démoli.

En juillet 1992, le bureau de la fabrique et une cuisinette sont aménagés dans la sacristie.

 Mgr René-Jacques Fortier (1992-1996)

 

Le curé René-Jacques Fortier est curé de la paroisse Saint-Jovite, il est également nommé curé de la paroisse Saint-Jean-de-Brébeuf. Il demeure au presbytère de Saint-Jovite.

En 1994, d'importants travaux sont exécutés à l'intérieur de l'église.

 

Marc Richer (1996-1999)

 

Le curé Marc Richer est également curé de la paroisse La Conception et la paroisse de Saint-Jovite.

En 1998, on rénove au cimetière. C'est la réfection du calvaire, les statues sont repeintes, la croix de bois est remplacée par une croix de béton armé.

 

 

Regroupement en secteur paroissial Saint-Jovite

En 1999, le secteur Saint-Jovite comporte 10 paroisses. Marc Richer devient le prêtre-modérateur.

En   2003, c'est la préparation au centenaire de la paroisse de Brébeuf.

En janvier 2005, Les paroisses de Saint-Rémi d'Amherst et Saint-Jean-de-Brébeuf vivent une première expérience de regroupement.

Le 16 janvier 2005, c'est la cérémonie d'ouverture des fêtes du centenaire sous la présidence d'honneur de Monseigneur Vital Massé, évêque du diocèse de Mont-Laurier.

 

Références :
•  Livre du centenaire de la paroisse Saint-Jean de Brébeuf, Louise Coupal-Boucher et son équipe.
•  Société du patrimoine : sopabic,   Colette Légaré

 

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Hagiographie

Jean de Brébeuf,
foi et courage

Depuis 1633, le Père Jean de Brébeuf était missionnaire jésuite auprès des Hurons du Canada, un peuple exerçant une grande influence sur les autres nations indiennes de la région. Mais, en même temps qu'un certain nombre de Hurons, Jean de Brébeuf fut capturé par des Iroquois en 1649, dans le village de Saint-Ignace.

D'abord, ses mains furent coupées. Ensuite son corps fut percé, à de multiples endroits, avec des tisons. Des tomahawks, rougies au feu, furent accrochés autour de son cou, de sorte que chaque mouvement de la tête soit un supplice.

Une ceinture d'écorce, enduite de résine fut attachée autour de son corps et allumée. Le missionnaire supporta la torture avec bravoure. Pendant la torture, il prêcha à ses ravisseurs. Fâchés, ils prirent des braises brûlantes dans le feu pour les introduire dans sa bouche.

Même ceci n'arrêta pas sa prédication, et par la suite les Iroquois coupèrent ses lèvres. Mais Jean de Brébeuf demeurait en vie. Ses ravisseurs lui jetèrent de l'eau bouillante à plusieurs reprises, puis ils coupèrent alors des morceaux de chair de son tronc et de ses membres, rôtirent la chair pour la manger devant lui.

Jean de Brébeuf souffre «comme un rocher» et son silence étonne ses bourreaux eux-mêmes. Et, avant qu'il expire enfin, ils lui arrachent le coeur tout vivant pour se nourrir à la source même de ce courage inouï.

 

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